- Nom : Mont Logan
- Coordonnées : 48° 53′ 25.5” nord / 66° 38′ 21.8” ouest
- Altitude : 1150m
Situé en plein coeur de la Gaspésie, le mont Logan fait partie des plus hauts sommets du majestueux massif des Chic-Chocs. Le nom ”Chic-Chocs” vient d’un mot Mi’Kmaq qui signifie ”barrière impénétrable”. Ce massif fait partie à son tour des monts Notre-Dame qui forment en quelque sorte, la queue de la grande chaîne des Appalaches. Avec ses 1150 mètres d’altitude et sa face nord renversante, le mont Logan fait figure de proue depuis le delta de la Rivière Cap-Chat. On le distingue parmi les Griscom, Fortin, Matawees, de par son petit sommet conique, son immense plateau sommital et sa crête nord très proéminente. On y retrouve faune et flore très diversifiées.
Le mont Logan possède une histoire à deux volets: Un premier volet à saveur commerciale, voir industrielle, et un second traitant du côté récréotouristique de cette montagne.
Des vestiges de prospection minière dessinent des chemins encore visibles et il est fort probable que des bûcherons aient foulé ses flancs et exploité sa richesse végétale. À cet égard, j’ai souvenir d’une histoire que me racontait mon père et qui finissait comme suit: ”…et si ça continue, y vont finir de bûcher à quatre pattes en d’sous d’la lune!” Belle image n’est-ce pas?
C’est lors d’une expédition de prospection menée par Sir William Logan que la montagne fut bâtisé. Les compagnons de route de Sir Logan donnèrent le nom de leur chef à cette montagne lorsqu’ils eurent atteint son sommet et y plantèrent le ”Union Jack” en l’été de l’an 1844. Dans son journal de bord, Sir Logan fait mention: ” From the highest summit we visited, the panorama displayed was the grandest description.”¹
En 1961, la compagnie de Radiodiffusion de Matane fait parachever une route jusqu’au sommet du mont Logan et fait l’acquisition d’une parcelle de terrain d’environ 6 acres au sommet. Elle y plante une antenne de 175′ munie d’un transmetteur. Cet arsenal nécessite la construction d’un lieu de résidence pour y loger du personnel d’entretient à temps plein. À la fin des années 70, la Société Radio-Canada relocalise son transmetteur ailleurs dans la région et met ainsi fin à ses activités au sommet du mont Logan. Elle demeure cependant propriétaire dans l’espoir d’une utilisation future du site. Entre-temps, la SRC permet l’occupation du site pour l’érection et le maintien d’un refuge pour les randonneurs, et l’utilisation d’une antenne pour un système de télécommunication au service du Parc national de la Gaspésie et de ses usagers.
En 1963, le journal ”Perspectives” no.42 fait état d’un projet de 1 million et demi de dollars pour transformer le mont Logan en centre touristique. L’idée, murie par des gens de Matane, appelait l’A.R.D.A. (un organisme fédéral qui se consacrait au développement de l’est du Canada) et le gouvernement du Québec à appuyer leur projet. De nombreux spécialistes du ski vinrent visiter les lieux. Alors président de l’Association Canadienne de Moniteurs de Ski, M. Ernie McCullough vint y faire son tour avec toute une équipe de skieurs professionels. Il dit à l’époque qu’il croyait avoir découvert ”un autre Val d’Isère”.
En 1981, le Parc national de Gaspésie voit ses frontières révisées et son territoire s’étendre désormais jusqu’à l’ouest du mont Logan. La Société Radio-Canada garde toutefois son pied-à-terre au sommet.
Dans les années 80, le ski héliporté fait son apparition dans la région. L’entreprise ”Héli-Ski Chic-Chocs Gaspésie” offre alors le transport en hélicoptère de St-Octave-de-l’Avenir vers cinq différentes montagnes des environs, incluant bien sur le mont Logan avec ses pentes et ses bols à faire frémir. Les expéditions guidées sont alors dirigées par M. Germain Barrette, ancien assistant-entraîneur d’Équipe Canada. Durant ces même années, une compagnie offre pour sa part le transport par chenillettte de type ”BR 400” sur le mont Logan. Ces deux entreprises n’existent plus aujourd’hui et la dimension ‘’ski” du Logan a du plomb dans l’aile et tend à se faire oublier.
En 1987, première édition du Vélogan. Un des premiers festival de vélo de montagne au Québec voit le jour. De St-Octave-de-l’Avenir, plusieurs parcours sont offerts aux participants. Le plus extrême des trajets mène les cyclistes jusqu’au sommet du mont Logan. Ce festival n’existe plus aujourd’hui.
1990, M. Phillipe O’Brien et la société Devencor, en collaboration avec le gouvernement du Québec, mène presqu’à terme un projet d’envergure internationale nommé ”Station Grande-Nature Chic-Chocs”. Un domaine de villégiature couvrant une superficie de 800km carrés, comptant 10 sommets, notamment le mont Logan. Le territoire, divisé en cinq régions topographiques, devait offrir un vaste choix d’activités quatre saisons: ski alpin (remontée en chenillette Prinoth TR), télémark, ski de fond, randonnée pédestre, alpinisme, pêche, chasse, camping… Une installation hôtelière de luxe devait accueillir les skieurs et chasseurs en première phase du projet pour la saison 91-92. Un projet qui n’a jamais vu le jour.
Le 19 octobre 1996 eut lieu l’inauguration par M. Robert Rioux, président du comité régional de Cap-Chat, du premier tronçon aménagé du SIA-IAT de 18 Km entre le Mont Logan et la Rivière Cap-Chat.
Le 30 juin 1998, le ministre de l’Environnement et de la Faune du Québec, M. Paul Bégin, annonce des investissements de 35 millions de dollars sur trois ans pour l’ensemble des parcs du réseau. Ce plan d’investissements prévoyait entre autre l’acquisition, des mains de la SRC, d’un terrain situé au sommet du mont Logan afin de consolider l’intégrité territoriale du parc.
Le 6 décembre 2005, Relais Chic-Chocs St-Octave Inc. annonce la fermeture temporaire du refuge, le pic de l’aigle, situé au sommet du Logan. Le conseil d’administration considère non-sécuritaires les infrastructures du refuge. Il demande aussi à la SRC de bien vouloir lui vendre le terrain sur lequel est construit leur refuge, dont le bail est échu depuis mai. Relais Chic-Chocs St-Octave Inc. se questionne alors à savoir s’il rénovera, ou reconstruira un nouveau refuge.
En 2007, la Société Radio-Canada, n’ayant plus d’intérêts à conserver ce site pour la retransmission télé ou radio, offre de rétrocéder leur terrain au Gouvernement du québécois (SÉPAQ).
Fin octobre 2007, le service des parcs du Ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs affime qu’il a bel et bien l’intention de procéder à l’acquisition d’une enclave au sommet du mont Logan et que le dossier suit son cours.
Aujourd’hui, de plus en plus de randonneurs se rendent à pied ou à ski au mont Logan et découvrent son sommet en mauvaise condition. Le refuge est laissé en proie aux intempéries mais accueille malgré tout des randonneurs qui y prennent une pause ou un repas à l’abri. Plusieurs y passent une nuit ou deux, en hors la loi, pour ” l’effet montagne” que donne le Logan. Les équipements industriels que l’on peut y voir sont, pour la plupart, toujours en opération et d’utilité publique.
L’histoire se façonne chaque jour. Alors à suivre…
¹: Extrait du journal de bord de Sir William Logan. Le mont Logan est 118 mètres plus bas que le plus haut sommet des Chic-Chocs, c’est-à-dire, le mont Jacques-Cartier qui culmine à 1268m.





